Dans écologie, il y a la racine grecque logos (discours, parole). Je ne dis pas
ça sur un ton sarcastique, mais pour introduire cet article sur la fréquence ou l'absence de certains mots dans la parole ou les écrits d'Europe Écologie - Les Verts (EELV), parti politique
qui se réclame - c'est clair - de l'écologie politique.
Parce qu'il faut être efficace, j'ai pris le texte du projet d'EELV pour la présidentielle de 2012, dans sa version "premier jet" ou presque, la plus vraie dit-on. Et j'ai cherché informatiquement, dans les 114 pages de ce document, la fréquence de quarante mots, pris au hasard (enfin non, pas du tout...).
Quelques-uns des résultats au compteur :
. Les 7 plus grandes fréquences relevées sont celles des mots création (64 fois), transport (45), durable (25), fiscalité (23), pêche (17), fédéral (15) et transversal (11). La présence de création doit beaucoup à l'art et à la culture, mais aussi aux institutions ou organismes à créer. Les utilisations du mot pêche sont très concentrées dans le paragraphe qui en traite, ce qui est normal, quant à transversal(e), le mot n'a rien à voir avec les transversales routières, ferroviaires ou aériennes. Dans le langage EELV, il signifie "commun à plusieurs domaines", quelque chose comme "pluridisciplinaire". La fréquence du mot transport est signe d'une bonne réflexion sur les déplacements, en l'occurrence très tournée vers la ville et l'inter-urbain, comme on le verra avec les mots absents ou faiblement représentés.
. Les fréquences intermédiaires sont rares. On y trouve centralisation/décentralisation (9) et à la rigueur ferroviaire (6), maritime (5), Paris (4), dans des sens ou contextes variés, ce qui déçoit un peu. Il faut tomber sur aéroport (3) pour retrouver une signification étroite : explicitement (2 fois) ou implicitement (une fois), quand on parle d'aéroport, en langage EELV, il s'agit toujours de Notre-Dame-des-Landes (5% du trafic de ROISSY...).
. La liste des mots absents ou presque (0 ou 1 mention) est encore plus cruelle : pour les une fois : aérien/ne, parisien/ne, plateforme... Dans les zéro fois , on trouve : Bretagne, découpage, Atlantique, breton, Nantes, mais aussi Grand Paris, Roissy, Orly, radial(e), région parisienne, hub, avion, TGV, gare, vol...
Derrière la condamnation rituelle de l'aéroport de N.-D. des Landes, il n'y aurait même pas le constat de ce qu'est le transport aérien français ? Ne parlons pas de l'analyse...
L'écologie politique en a-t-elle conscience ?
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Nous connaissons la rengaine d'EdF, qui renforce chaque année sa publicité pour des centrales nucléaires ou à gaz en Bretagne en
dénonçant le risque de coupure électrique générale
communiquant avec lui pour stocker en hauteur aux heures creuses et libérer aux
heures de pointe la quantité d'eau exacte permettant de produire, avec un rendement très élevé, l'électricité permettant de faire face aux variations de consommation.
Mme Eva Joly
a plusieurs fois dit son opposition au projet de Notre-Dame-des-Landes. Elle l'a fait une nouvelle fois dans le quotidien Libération du jeudi 4 novembre, sous la forme
d'une tribune co-signée par MM. Cohn-Bendit, Jadot et Orphelin. Mais c'est son nom que notre presse régionale met en avant, allez savoir pourquoi.
Planter symboliquement un chêne à Notre-Dame-des-Landes, ça fait une cérémonie tout à fait conviviale, des photos sympas et une belle manifestation d'unanimité
écologiste.
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