Mercredi 16 février 2011
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On peut lire la phrase
ci-dessus à la page 185 d'un gros rapport sur La Santé en France, publié en 2002 par le Haut Comité de la Santé publique. Elle résume assez bien - pour ce qui concerne les
spécificités bretonnes en la matière - le chapitre intitulé Les inégalités spatiales de santé.
Elaboré à partir de statistiques sur deux ou trois décennies, ce chapitre met en évidence d'étonnantes permanences, déjà soulignées au milieu des années
soixante-dix par l'Observatoire Économique de l'Ouest, établissement de l'INSEE implantée à Nantes(1)..
En ce qui concerne en particulier l'espérance de vie à la naissance ou à 65 ans, les taux de mortalité qui en sont une autre mesure, le
poids des mortalités par cancer, accident, suicide ou alcoolisme, les cinq départements bretons forment un blog relativement compact, et surtout curieusement en rupture
avec son voisinage immédiat.
En matière de mortalité générale, par exemple, si les aires urbaines de Rennes et de Nantes -qui concentrent des particularités notables d'activités, de modes
de vie et de revenus - accusent parfois de fortes nuances, leur voisinage immédiat, mayennais, angevin ou vendéen, rural ou urbain, se trouve en rupture beaucoup plus nette : de
l'ensemble breton à celui de l'ouest intérieur, on passe sans autre transition d'une extrémité à l'autre de l'échelle des possibles. C'est un petit peu moins évident pour l'espérance de
vie à la naissance (cartes ci-dessus, où le "bloc breton" n'en reste pas moins très
visible) .
On retrouve logiquement ces particularités au niveau des analyses de détail (par cause de mortalité par exemple).
Le découpage régional actuel a le gros inconvénient de rendre plus difficile la prise en compte de ces particularités sanitaires au niveau de la Loire-Atlantique.
Dans les statistiques "régionalisées", sa situation ne parvient qu'à nuancer un peu - et à rapprocher de la moyenne française - la situation de l'ensemble de la "région". Il est du coup plus
difficile d'élaborer dans cette région des politiques publiques adaptées au cas de la Loire-Atlantique, et de les y mettre en oeuvre. Et, quand on y pense, cela contribue à doubler
inutilement tout ou partie des moyens spécialisés de recherche et de suivi.
Réalité sanitaire autant que géographique, historique, électorale ou économique, la Bretagne a souvent besoin de réflexions ou de politiques publiques
spécifiques auxquelles le découpage régional actuel ne permet pas à notre département d'accéder pleinement.
En cliquant sur l'illustration de cet article, vous aurez accès aux pages 181 à 185 du rapport du Haut Comité de la Santé publique.
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(1) - Publiée en brochure, l'étude - plus générale - de l'Observatoire Économique de l'Ouest était signée par son directeur, professionnel hautement qualifié et appelé à un brillant
avenir, notamment à la tête du Département de la Loire-Atlantique : Patrick Mareschal.
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