Sur ce thème, rendez-vous dans le prochain numéro du Peuple breton
Le graphique que vous avez sous les yeux rapproche l'évolution de la durée du trajet entre Brest et Paris (en bleu) et celles des populations respectives du Finistère (en vert) et de l'Île-de-France (en rouge). Vous pouviez trouver ces données sur Internet, mais ...séparément.
Le rapprochement fournit la preuve indiscutable du très fort lien entre la centralisation ferroviaire en France, d'une part, et d'autre part la distorsion d'évolution des populations entre l'Île-de-France et un département pourtant de mieux en mieux relié à Paris par chemin de fer(1).
Le Finistère pourrait être remplacé ici par beaucoup d'autres départements. Et c'est évidemment leur cumul qui donne la courbe rouge.
Les cent cinquante ans de centralisation ferroviaire que nous venons de passer ont fait de Paris le carrefour ultra-privilégié de la France, neutralisant les autres carrefours existants ou potentiels, et les trafics correspondants.
La quasi-inexistence en France de grandes villes européennes n'a pas d'autre secret, et surtout pas la "tradition française" : avant que notre État jacobin ne dispose de l'outil ferroviaire de ses ambitions, des villes comme Nantes et Bordeaux n'étaient pas ridicules à côté de Turin, Barcelone ou Munich, et les populations de Brest et Rennes atteignaient les deux tiers de celle de Francfort.
Nous devons à la politique jacobine cette absence de vrais grands carrefours régionaux mais surtout, ce qui est beaucoup plus grave, l'absence des trafics et des pôles secondaires qui vont avec(2), et qui ont crû avec un exode rural de proximité que la France a, au contraire, canalisé presque entièrement vers Paris, l'administration, l'armée et les colonies.
Pour en sortir, ne comptons donc pas trop sur des liaisons ferroviaires encore plus rapides avec Paris : nous avons assez donné et les courbes ci-dessus n'ont nul besoin d'être prolongées. Voyons l'aménagement du territoire à la bonne échelle, favorisons dès aujourd'hui les transversales et les carrefours de la fin du siècle(3).
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(1) - Les années affichées le long de la courbe bleue sont celles des relevés de temps de trajet. Les populations indiquées sont en général des approximations, car les dates des recensements ne coïncident pas avec les précédentes. Mais le niveau d'approximation est très suffisant pour conserver au graphique son caractère probant.
(2) - 92 % des Allemands, mais seulement 76 % des Français vivent dans des agglomérations de moins d'un million d'habitants.
(3) - Nous y gagnerons en qualité de vie et nous économiserons sur les besoins artificiels en transports longs et rapides, les plus contraires à une vision écologique de la société.
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Le train rapide de 9 h 25 partait de la gare Montparnasse. A 12 h 24, il arrivait - en premier arrêt - au Mans, d'où il
repartait à 12 h 33 pour Sablé (13 h 10 - 13 h 15), Angers (14 h 05 - 14 h 31), Nantes (15 h 26), Saint-Nazaire (16 h 52) et enfin Le Croisic où il s'arrêtait en gare à 17 h 55. Soit un parcours
total de 8 heures 30 minutes, à la vitesse moyenne de 57,6 km/h.
Citée dans un article d'Ouest-France 
La recherche de documents
cartographiques sur Internet relève souvent du jeu de colin-maillard. Obtenir sur des sujets sensibles des cartes provenant de données publiques libres de droits et à une
précision plus fine que celle des "régions" officielles - qui masquent plus qu'elles ne montrent - ajoute au bandeau sur les yeux un parcours du combattant !
e écraser le
reste de la France contre les frontières. En Bretagne, on saisit mieux le poids du haut-pays et notamment de sa partie nantaise. Le Massif central fait curieusement figure d'échangeur.



Un projet dispendieux, destructeur, qui date et ne peut que cacher des objectifs
inavouables...
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