Le tableau ci-dessous donne la répartition des vols entre la Bretagne et Paris entre les aéroports bretons, au cours de la semaine du 28 février au 6 mars : 395 vols pour une semaine ordinaire, soit environ 20 000 vols réguliers par an (assurés le plus souvent par une filiale d'Air France) ! Un chiffre énorme qui met à mal l'argumentation hostile à Notre-Dame-des-Landes.
(chiffres extraits par mes soins des statistiques de l'aviation civile - MF)
Les vols récapitulés dans le tableau ci-dessus sont ceux prévus du 28 février au 6 mars 2011 entre Paris et les six aéroports bretons ayant des relations régulières avec Roissy, Orly ou les deux.
La semaine est une semaine ordinaire.
Les vols se partagent moitié-moitié ou presque entre les deux sens. Les vols vers Paris sont des départs pour les usagers bretons ou voisins, des retours pour nos visiteurs, et inversement.
Rapprochés du trafic passagers de 2009, ces vols représentent le transport annuel de 1 109 000 voyageurs, soit une moyenne de 54 passagers par vol (qui recouvre des réalités très variables selon les aéroports, les jours de la semaine et les saisons).
Bien que la répartition précise ne soit pas connue, une grande majorité de ces voyageurs vont prendre un autre avion à Paris pour atteindre leur vraie destination, ou viennent d'atterrir à Paris pour gagner ou regagner la Bretagne.
Par ailleurs, on peut évaluer grossièrement à 600 000 - plus de 1000 TGV simples ! - le nombre des voyageurs originaires des départements desservis par nos aéroports qui, en 2006, ont fait en train (surtout) et/ou en voiture le trajet entre leur domicile et l'aéroport parisien1.
Il n'est donc pas exagéré de penser que le nombre des pré et post-acheminés aériens ou terrestres atteindra et sans doute dépassera 2 millions (allers plus retours) cette année.
Ces 2 millions de détours par Paris sont-ils nécessaires ?
En terme de destinations (ou d'origine, pour nos visiteurs), le plus grand nombre ne justifie pas la mise en place de lignes directes à partir de la Bretagne, faute d'un nombre suffisant de passagers concernés. Pourquoi alors ne pas passer par Paris ou par un autre hub européen, s'il figure parmi les destinations offertes ?
En terme de passagers transportés, il en va différemment : une majorité de passagers sont intéressés par une minorité de directions. Ce sont celles-là qu'il est intéressant de leur proposer en ligne directe à partir d'un aéroport breton, deux parfois : la clientèle existe2. Le changement serait intéressant pour eux et pour tout le monde : moins de vols ou de trajets de liaison, moins de carburant brûlé, moins de temps de transport, meilleure répartition des noeuds de communication sur le territoire et donc de la vie économique, et à plus long terme de l'emploi général et de la population. L'aménagement du territoire ne s'évalue pas sur ses effets à court terme, comme les emplois directs, mais sur le temps long !
(1) : interpolation personnelle basée sur les chiffres attribués à une "grande région Nord Ouest" par l'étude DGAC-SNCF publiée en mars 2010 à propos des interconnexions 2006 en région parisienne.
(2) : A nombre global égal de passagers transportés, la clientèle des lignes internationales et transversales déjà desservies - notamment par Nantes et Brest - soit 3,2 millions de passagers en 2009 passerait ainsi au minimum à 4,2 millions avec 100 ou 200 vols de moins chaque semaine entre Paris et la Bretagne. Et ça ne vaudrait pas le coup d'être pris en compte ?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires





Derniers Commentaires