Lundi 1 août 2011 1 01 /08 /Août /2011 14:40

Michel 110728Le 13 juillet, je publiais ici même un article intitulé "Pharaonique, dépassé, mégalomaniaque... Fermer le débat avec des mots ?".

Les incidents survenus le 27 juillet à l'aéroport actuel de Nantes sont dans la logique du risque qu'on pouvait déjà pressentir.

On peut être hostile à la construction de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes avec des motivations parfaitement défendables, et même exclusivement locales. Né au Croisic, je n'ai pas vécu avec bonheur la transformation du port en parc à bateaux de plaisance, ni la multiplication des résidences secondaires sur des espaces où j'avais connu vaches pie-noire, labours attelés ou ajoncs. Cela était-il nécessaire ? J'en suis moins sûr que de la nécessité de combattre la centralisation de tous les modes de transport autour de Paris, et du fait qu'elle n'est pas gratuite. 

Car on peut aussi être porteur ou défenseur du projet d'aéroport pour des raisons parfaitement respectables, et même écologistes. Je crois en avoir, ici aussi et ailleurs, maintes fois porté témoignage.

La qualité des arguments des uns n'a pas pour corollaire obligé la nullité des arguments des autres ! Se placer dans une perspective aussi fermée débouche nécessairement sur la mise en cause de personnes pour des motivations supposées basses, et un jour ou l'autre sur la violence, car il est insupportable pour n'importe qui de s'imaginer perdant face à un adversaire perçu exclusivement comme arrogant, cynique et de mauvaise foi.

Le débat démocratique permet de trancher, dans le respect des personnes, entre des options qui ne sont pas nécessairement l'une toute blanche - ou verte - et l'autre toute noire.

L'utilisation du sujet comme fonds de commerce électoral ne facilite pas les choses, surtout quand elle-même s'habille d'un tissu transparent d'alliances profitables et de désaccords "fondamentaux" ? Mes amis d'EELV (si, si...) le comprendront-ils à temps ?

J'espère que ces quelques considérations contribueront pour leur modeste part à une indispensable distanciation de la réflexion sur le sujet.

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En cliquant sur mon portrait, vous verrez que j'ai derrière la tête les articles publiés dans Ouest-France 44 et Presse-Océan du 29 juillet sur les incidents de Nantes-Atlantique...

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Société - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 29 juillet 2011 5 29 /07 /Juil /2011 18:10

Influence de l'émigrationLes évaluation les plus sérieuses chiffrent à plus d'un million le nombre des jeunes qui ont quitté la Bretagne entre les années 1850 et 1950.

Le petit exercice auquel je me suis livré ci-contre simplifie l'étude des effets démographiques de cette immigration sur le niveau de la population bretonne d'aujourd'hui.

Cette simplification repose notamment sur les trois postulats suivants :

   1) l'évolution réelle de la population bretonne entre les chiffres vrais de 1801 et 2010 a été régulière entre ces deux dates ;

   2) l'émigration a touché 10 000 jeunes par an entre 1851 et 1950 ;

   3) les jeunes émigrés, s'ils étaient restés au pays, auraient eu une descendance comparable à celle de ceux qui n'ont pas émigré.

Ces trois postulats sont bien sûr des approximations assez grossières de la réalité, mais permettent cependant de dégager des ordres de grandeur retracés par les deux courbes :

La courbe sombre représente l'évolution simplifiée de la population réelle de la Bretagne.

La courbe rose représente l'évolution estimée de la population totale de nos cinq départements si les jeunes étaient restés en Bretagne et y avaient eu leur descendance.

Pour diverses raisons, il s'agit sans doute d'une estimation basse, mais peu importe : le rapprochement des deux courbes fait apparaître que, sans l'émigration liée à la centralisation (les autres pays d'Europe n'ont généralement pas connu les mêmes transplantations massives vers leur capitale), la Bretagne d'aujourd'hui compterait très probablement plus de 6 millions d'habitants, au lieu de 4,3 millions.

Même sommaire, cette démontration ne se propose pas de nourrir la vaine nostalgie d'un passé virtuel. Elle peut nourrir en revanche de vraies réflexions à propos d'affirmations couramment entendues, du style de celle-ci :

   "La Bretagne bénéficie d'un équilibre enviable de son réseau urbain, dépourvu de très grandes villes mais comptant un nombre significatif de villes moyennes d'environ 30 000 habitants".

Une question se pose en effet aussitôt : où vivraient nos 1,7 millions d'habitants supplémentaires, qui en fait sont nés (ou pas...) ailleurs ? Avec un tas de questions annexes sur la taille qu'auraient nos villes, sur l'occupation des sols, le poids qu'auraient des zones qui n'auraient pas été désertifiées, ce qui en serait résulté pour les réseaux de communication, l'activité économique, l'organisation - voire le découpage - des territoires, etc ?

Mais l'important n'est pas de chercher d'impossibles réponses. Acceptons plutôt de relativiser nos points de vue sur l'équilibre idéal de la Bretagne. Ou tressons des couronnes à la centralisation, qui nous a évité un destin tragique !

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Pour agrandir l'illustration, cliquez dessus.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Population - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 05:54

Popu-bis évol-part B5 et IdF 1851-2008 copieLa population de la Bretagne n'a pas toujours été inférieure à celle de l'Ile-de-France ! Tant s'en faut...

Le graphique ci-contre montre l'évolution de la part de chacune d'elles dans la population française depuis 1851 : la population de la Bretagne était supérieure à celle de la région parisienne jusqu'au milieu de la décennie 1860. Encore l'Ile-de-France connaissait-elle déjà une forte croissance commencée depuis le début du même siècle et fortement accélérée à partir de la décennie 1840(1).

A ce propos, il est courant de lier la progression de la population de l'Ile-de-France à partir de cette époque à l'apparition du chemin de fer. Et certes, sans le chemin de fer, cette progression n'aurait pas été aussi spectaculaire. Mais s'en tenir là procède d'une vision beaucoup trop française des choses. Le chemin de fer est apparu un peu partout en Europe au milieu du XIXème siècle, et il n'a pas du tout eu partout les mêmes effets qu'en France ! Ailleurs, il a permis le développement de villes comme Turin, Barcelone, Milan, Hambourg, Munich, Francfort et bien d'autres, parmi lesquelles Nantes faisait auparavant bonne figure, et qui constituent aujourd'hui l'armature urbaine de l'Europe sans avoir généralement créé autour d'elles le même vide relatif que la région parisienne.

Ce n'est donc pas le chemin de fer qu'il faut incriminer, mais la manière centralisée dont il a été organisé en France, avec le même volontarisme que les routes impériales dont il a amplifié les effets.

Parts dépts dans popu B5 1801-2008La suprématie de la région parisienne relève donc d'une volonté politique qui se poursuit sous nos yeux avec la centralisation de la grande vitesse et celle du réseau aérien.

La Bretagne dispose de ces deux siècles de résultats pour orienter ses choix d'avenir. Qu'elle ne les joue pas avec légèreté, comme si ce qui paraît bon pour les dix ans à venir devait l'être aussi pour le siècle qui suit. A ce jeu-là, la Bretagne a vu sa part rétrécir dans la population française, et ses départements de bout de ligne en ont finalement le plus souffert, comme le montre le second graphique(2). Faute de transversales, c'est toujours le centre qui gagne !

 

Quelques menus détails ? En partant vers 9 h, il faut 4 h12 mn en train ICE (les plus rapides) pour aller de Francfort à Berlin, (550 km) et 6 h 48 mn pour aller de Munich à Berlin (503 km), mais 3 h 14 mn pour aller de Francfort à Munich (360 km). L'accès à la capitale est donc nettement plus long qu'en France, mais la distance transversale entre ces capitales de Hesse et de Bavière, plus longue que Brest-Nantes, est parcourue nettement plus vite... Les deux cités et leur environnement ne s'en portent pas plus mal ! La centralisation a ses conséquences, qu'on peut encore aggraver, la décentralisation a les siennes. Et le choix dépend aussi de nous !

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(1) : Le tassement des toutes dernières décennies ne doit pas faire illusion : la croissance de la région parisienne déborde aujourd'hui largement les frontières de l'Ile-de-France. Les trajets quotidiens de travail entre Orléans et Paris sont fréquents, et même avec Le Mans ils ne sont pas rares.

(2) : En cliquant sur les graphiques, vous pouvez les agrandir.

En plus clair : CA = Côtes d'Armor, PB = Penn ar Bed (Finistère), MB = MorBihan, LA = Loire-Atlantique, IV = Ille-et-Vilaine.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Centralisation - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 15 juillet 2011 5 15 /07 /Juil /2011 20:41

France-Allemagne PassagersOn sait que la France, hormis Paris (et, très loin derrière, Lyon et Marseille) n'a pas de villes "de taille européenne", comme l'Allemagne par exemple. Mais on sait beaucoup moins qu'en proportion de la population totale des deux pays, les Français sont trois fois plus nombreux que les Allemands à vivre dans une agglomération de plus d'un million d'habitants ! C'est tout simplement dû au fait que la région parisienne à elle seule fait la différence ! L'Allemagne est, bien plus que la France, un pays de villes moyennes.

Ce détail n'est pas sans effet sur le transport ferroviaire des personnes et des marchandises.

J'ai encore à réfléchir sur les deux doubles graphiques que je vous propose dans cette page, mais on peut  déjà relever des différences très marquées entre les quantités ou volumes transportés chaque année par voie ferrée, et surtout leur évolution au cours des dernières années (attention, les années de départ ne sont pas les mêmes !).

En France, depuis le milieu des années 90(1), le nombre annuel de kilomètres*passagers(2) a augmenté de 60%. En Allemagne, de 19 % seulement. On sait que, pour la France, l'accroissement n'est pas dû aux transversales : ce sont pour l'essentiel les liaisons de plus en plus rapides et fréquentes avec Paris qui expliquent l'évolution. Mais cela souligne à quel point la centralisation génère des besoins  croissants de transport longs, qui eux-mêmes génèrent un besoin croissant de rapidité : il "faut" souvent pouvoir aller à Paris et en revenir dans la journée, ou passer par Paris pour aller par exemple de Nantes à Lyon ou Bordeaux. Nos voisins allemands ignorent ces contraintes : leurs besoins croissent modérément et, malgré une population sensiblement supérieure à celle de la France, le nombre de kilomètres*passagers transportés y reste très inférieur.

France-Allemagne Marchandises

L'évolution du nombre de tonnes*kilomètres de marchandises transportées chaque année(graphiques du bas) réserve une autre surprise de taille : les courbes sont carrément inversées !

Notre réseau centralisé de voies ferrées ne se prête tout simplement pas à un acheminement rationnel des marchandises d'un point à l'autre du territoire. Selon toute vraisemblance, c'est en France le transport routier qui y gagne. La vérification ne devrait pas être bien difficile à faire !

Le discours "écologiste" français aurait un singulier intérêt à s'attarder sur l'obstacle majeur que constitue ainsi la centralisation du pays et de ses transports à la conversion écologique de l'économie. Ce pourrait, pour l'élection présidentielle, être un intelligent sujet national de débats et de négociations...

 

Documentation : les courbes sont construites à partir des données et aides proposées par le site Perspectives Monde de l'Université de Sherbrooke au Canada. 

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(1) : Pour cause de conflit social touchant notamment la SNCF, les chiffres de l'année 1995 en France ne doivent pas être pris en compte.

(2) : Les nombres de passagers*kilomètres ou de tonnes*kilomètres sont les produits d'un nombre de passagers ou de tonnes par le nombre de kilomètres qu'ils parcourent. 

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 15:34

Fillon-Copé 3

La réunification, ce n'est pas seulement un trait sur une carte. Pas seulement une histoire respectée.

C'est une autre idée de la France, où le choix de votre région, comme beaucoup d'autres choix, aurait été le vôtre.

Une France où personne n'aurait osé dessiner les régions autour des routes de Paris (Brest - Rennes - Paris, Saint-Nazaire - Nantes - Angers - Le Mans - Paris...).

Une France où les trajets vers Paris par route, par train, par avion, ne serait plus outrageusement privilégiés.

Une France où il ne serait pas souvent beaucoup plus long de traverser la Bretagne (Brest - Nantes, Saint-Brieuc - Saint-Nazaire...) que d'aller dans cette capitale.

Une France où le meilleur trajet de Nantes à Bordeaux ne passerait plus par Paris.

Une France où le volume global des transports ne serait plus anormalement gonflé par le nombre de ces passages obligés par Paris, qui les rendent plus coûteux, plus consommateurs d'énergie et plus polluants, pour les personnes mais aussi pour les marchandises (presque tout le fret aérien passe par Roissy, l'absence de transversales ferroviaires modernes transfère à la route une part énorme de leur transport).

Le découpage actuel est au service de la centralisation et des fortunes qu'elle alimente dans la région parisienne, en en faisant le point de passage de tout, le lieu de résidence de trop de gens, le refuge de la plupart des hauts revenus et des plus grands pouvoirs.

La réunification, c'est la possibilité de remettre progressivement tout cela d'aplomb.

Tout le monde n'y a pas intérêt, VOUS, SI !

N'attendez pas le feu vert de Fillon et Copé (photo) : ce n'est pas demain qu'ils viendront manifester pour la réunification.

Plus nous serons nombreux le 18 juin, plus les choses iront vite !

 

Illustration : photo prise lors de la Festimanif pour la réunification, le 20 septembre 2008. La présence des deux personnages au premier plan résulte d'un montage grossier auquel je me suis livré.

Renseignements : cliquez dans la colonne de droite, sur l'affiche annonçant la manifestation et son site.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Réunification - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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C'est le nouveau PB !

La Une ci-dessous est celle du Peuple breton du mois de février 2012. Le nouveau numéro arrive dans votre boite aux lettres dans les premiers jours du mois ...si vous êtes abonné(e). Si ce n'est pas encore le cas, voyez sous la photo comment imprimer et remplir chez vous le bulletin d'abonnement. Bonne lecture !

PB Une 2012 02 

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