Lundi 22 août 2011 1 22 /08 /Août /2011 06:39

Cartes France Rennes SNCF 2011 copie

 

A chaque fois qu'on privilégie les liaisons avec Paris, on éloigne en proportion  les "villes TGV" de leur environnement territorial, dont Paris se rapproche en gagnant sur les tronçons communs...et double la mise en faisant payer les régions pour le service rendu !

 

Le TGV ? Peut-être, mais sur les transversales, et en en finissant en même temps avec la centralisation, qui multiplie les besoins de trajets longs et rapides. Voilà une bonne piste pour la conversion écologique de la société française !

 

En contre-point local, voici une carte montrant l'offre ferroviaire à la gare de Carhaix :

 

Carhaix trajets train 2011 b

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Cliquez sur les cartes  pour les agrandir. 

Et en cliquant ici, vous retrouverez ces deux cartes, deux  nouvelles cartes anamorphiques réalisées pour d'autres villes bretonnes (Brest et Nantes), deux cartes anamorphiques existantes pour Paris (situation 2009 et prévisions 2017) et une réflexion de polytechniciens sur l'effet du TGV, annotée par mes soins. MF).  

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 11 août 2011 4 11 /08 /Août /2011 18:18

Saint-Herblain Courbe pop wikipedia rouge copieLa courbe démographique de Saint-Herblain ressemble fortement, à certains égards, à celle de Gouesnou : même long palier de stabilité apparente, pendant lequel l'allongement progressif de la durée de vie de ceux qui restent cache  le faible renouvellement de la population. Et soudain, accélérée par les circonstances locales de la fin de la guerre, l'insertion de la commune dans le périmètre urbain de l'agglomération nantaise la propulse du statut de bourg rural à celui de troisième ville de Loire-Atlantique par la population.

Notre ville a-t-elle ressenti le besoin de souffler ? On la comprendrait !

Toujours est-il que son essor démographique s'est brusquement calmé à la fin des années soixante-dix et que, de ville d'accueil, Saint-Herblain est devenue une ville où il fait bon vieillir ...mais dont les jeunes vont souvent se loger ailleurs, attirés peut-être par les charmes qui étaient les siens pour leurs parents : de l'espace constructible, pas trop éloigné de Nantes et pas trop cher... Et là, Saint-Herblain a sans doute un temps d'avance sur Gouesnou.

Dans les deux cas, l'émigration initiale a sans doute été en bonne partie une émigration de proximité. Proximité de Brest pour Gouesnou, proximité de Nantes bien sûr pour Saint-Herblain. C'est une dimension de l'exode rural breton qu'il ne faut pas oublier, même si elle n'occupe pas - et de loin - la première place dans les modalités de "transplantation" de notre jeunesse.

Sacrifié de longue date - et surtout depuis le milieu du XIXème siècle - au réseau de routes et de chemins de fer centré sur Paris, le réseau breton (et français en général) de communications internes a en effet limité la croissance et les capacités d'accueil de nos villes , contrairement à ce qui s'est généralement passé dans le reste de l'Europe.

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Mercredi 10 août 2011 3 10 /08 /Août /2011 14:54

  Gouesnou Courbe pop wikipedia 4 copieEn matière d'émigration, Gouesnou présente au moins deux particularités visibles sur ce graphique de population.

Celle qui m'intéresse ici concerne la longueur de la période de stabilité apparente qui précède habituellement le déclin accéléré du nombre d'habitants. Cette période, que j'ai appelée ici plateau du déclin, s'étend en effet sur un siècle, des années 1830 aux années 1930.

La seconde caractéristique, c'est en effet que ce déclin s'est interrompu quelques années seulement après avoir commencé à devenir visible, en raison de l'insertion rapide de la commune dans la dynamique propre de l'agglomération brestoise après la deuxième guerre mondiale, ce qui n'est pas mon sujet ici.

La longueur de ce que j'ai nommé plateau du déclin me posait en effet déjà un peu question pour Plésidy et quelques autres communes. Mais ici,  un siècle, ça faisait vraiment beaucoup de temps entre le début d'une émigration notable (croissance de la population neutralisée dès 1835) et l'entrée dans une période beaucoup plus récente où la natalité résiduelle ne compense plus les ultimes départs et les décès. Il aurait fallu une belle santé à notre population vieillissante pour continuer pendant quatre générations à engendrer des émigrants tout en gardant assez d'enfants pour faire face à la mortalité...

En fait, la réponse était dans la question : la belle santé, en l'occurrence, c'est tout simplement l'allongement de la durée de la vie, qu'on n'oublie sans doute pas, mais qui n'est pas souvent identifiée comme un facteur essentiel de l'apparente stabilité de notre population rurale entre 1840 et 1940. Or, même si le Finistère n'est pas en flèche sur le sujet, Gouesnou a évidemment eu sa part dans l'augmentation d'une vingtaine d'années de l'espérance de vie en France pendant le siècle considéré.

Son exemple montre qu'en retardant l'âge des décès, l'allongement de la durée de la vie a contribué à accroître le nombre des habitants à un moment donné : en partie avec des jeunes, grâce au recul de la mortalité infantile (surtout au XXème siècle) et pendant tout le siècle considéré avec les plus âgés. Mais il a en même temps rendu moins immédiatement perceptible le vieillissement de la population et camouflé l'ampleur de l'émigration et de ses conséquences démographiques. 

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Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

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Samedi 6 août 2011 6 06 /08 /Août /2011 13:16

Plijidi démographie 1800-2008 rougeBien connue aujourd'hui pour abriter un collège Diwan(1) , un centre culturel actif et de vigoureux stages de breton, Plijidi présente une évolution démographique qui, pour la période 1800 - 2000, ressemble à celle de beaucoup d'autres communes rurales des Côtes-d'Armor.

On y perçoit au début du XIXème siècle(2)  l'esquisse d'une progression rapide comme on en constate beaucoup plus durablement dans le Finistère ou la Loire-Atlantique.

Autour de 1850 commence une longue période de stabilité trompeuse, qui prend fin dans les années 1920 pour laisser place à une rapide décroissance. La situation s'améliore à la fin du siècle, dopée peut-être au cas particulier particulier par l'activité générée autour du collège.

La décroissance visible à partir des années 1930 est en partie due à une émigration qui se poursuit, mais qui en fait a commencé un siècle plus tôt.

Mouzeil Courbe pop wikipedia rougeMais, pendant ce siècle, une natalité record a pu compenser à la fois les départs et les décès, au prix d'un lent vieillissement de la population, que la saignée de la première guerre mondiale n'a pas arrangé. Et, sans que les départs de jeunes soient soudain devenus plus nombreux (faute de jeunes !), le vieillissement de la population a entraîné la surmortalité non compensée traduite par la courbe de population.

Guemene-Penfao Courbe pop wikipedia bleuLorsqu'on parle aujourd'hui de déséquilibre entre l'est et l'ouest de la Bretagne, ce n'est donc que marginalement qu'on peut l'attribuer à la période récente et la lier à une émigration de la Basse vers la Haute-Bretagne.

Pour l'essentiel, la Bretagne rurale (dont pratiquement toutes les Côtes-d'Armor) paie aujourd'hui la facture d'un long siècle d'émigration, et la Haute-Bretagne prospère d'abord sur ses bases démographiques propres. La Loire-Atlantique depuis deux siècles(3), l'Ille-et-Vilaine depuis les années 1920, n'ont pu fixer qu'une modeste partie du million de jeunes migrants. Le train a terminus unique a emporté les autres...

 

[Sources : Cassini et INSEE via Wikipedia ou directement. Les couleurs des barres ont été modifiées dans un souci de plus grande lisibilité.] - Pour agrandir les graphiques : cliquer dessus.

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(1) - Créé en 1995, le collège Diwan comptait cette année 210 élèves.

(2) - Je n'ai pas d'élément d'information sur la décroissance antérieure à 1800 qui appraît sur le graphique.

(3) - On trouve néanmoins en Loire-Atlantique des communes très rurales comme Mouzeil, dont le profil démographique - en bas en rouge) est proche de celui de Plésidy,n alors que Guémené-Penfo (en bleu) proche de la Vilaine et de Redon, bénéficie tout au long du XIXème siècle d'une croissance rapide, qu'une part d'émigration et peut-être l'évolution des normes familiales vont transformer en pente descendante plus douce tout au long du siècle dernier.

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Mercredi 3 août 2011 3 03 /08 /Août /2011 15:44

Pop dpts 1801En 1801, l'île-de-France comptait, à quelques milliers près, le même nombre d'habitants que la seule Basse-Bretagne(1), soit 1,35 million. . En 1870, elle était exactement aussi peuplée que la Bretagne entière. Aujourd'hui, elle a plus d'habitants qu'en ont ensemble toutes les "régions" qui vont de la Haute-Normandie au Poitou-Charentes, soit 11,8 millions.

La carte ci-contre donne une idée assez précise  de la répartition de la population française de l'époque. L'ancien département de la Seine(2), avec une population comparable à celle des Côtes d'Armor, et celui du Puy-de-Dôme (mais oui !) sont les seuls départements non maritimes à figurer parmi les sept qui comptent plus de 500 000 habitants.

L'activité maritime commerciale dans la Manche et la Mer du Nord, la pêche, quelques productions locales pourvoyeuses d'emplois et de revenus (vin, tissage familial, agriculture...) ont sans doute joué leur rôle dans cette répartition, où le vide relatif du sud-est et du grand bassin parisien nous surprend beaucoup aujourd'hui.

Comment est-on passé de cette France du nord-ouest à celle d'aujourd'hui ? L'historien Albert Milhaud apporte la réponse dans les Annales de Géographie de ...1898 :

« Cette région [l'Île-de-France] est incontestablement celle dont l'accroissement est le plus considérable et le plus rapide. Comme le chiffre des naissances est loin d'avoir fourni cette augmentation, c'est à l'arrivée de recrues provinciales et étrangères qu'il faut l'attribuer. C'est évidemment pour Paris l'aboutissement des grandes lignes de chemin de fer qui a facilité la concentration d'une population sollicitée par la création et le développement de nombreuses industries, par l'importance politique, littéraire, artistique, scientifique de la capitale, par l'agrément de la vie. »

Bon professionnel, Milhaud ne se contente pas de parler de l'arrivée du chemin de fer. C'est bien à l'aboutissement des lignes à Paris qu'il attribue la responsabilité première d'une concentration dont il ne pouvait encore mesurer l'ampleur des effets(3).

On sait bien en effet que le chemin de fer est apparu dans de nombreux autres pays d'Europe au milieu du XIXème siècle et n'y a pas fait obstacle à l'absorption d'une grande partie de l'exode rural par le réseau urbain local ! L'exode extérieur et ses conséquences sur les générations successives a sans doute coûté à la Bretagne deux millions d'habitants au bas mot(4), et à la France son équilibre territorial, avec un réseau de grandes villes et de transversales parfaitement à sa portée.

Certains poussent pourtant encore dans le même sens !



[Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir]

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(1) - Entendre ici le territoire correspondant aux trois départements les plus péninsulaires.

(2) - Paris et les communes de sa petite couronne.

(3) - Professeur agrégé d'histoire né en 1871, il fut aussi journaliste, écrivain et homme politique. Il est mort en 1955.

(4) - Un prochain Peuple breton devrait revenir sur ce point.

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