Samedi 10 septembre 2011 6 10 /09 /Sep /2011 03:34

Urgence pour le Grand Paris

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Il n'y a pas de crise pour tout le monde, et les les feux ne passent pas d'urgence au vert pour n'importe quel projet.

Voté en juin de l'an dernier, le projet de Grand Paris a obtenu en 7 mois l'accord du Gouvernement et de la région Île-de-France. Quatre mois plus tard, il était approuvé à l'unanimité par le conseil de surveillance de la Société du Grand Paris. Moins de trois mois plus tard - le 24 août - au coeur de l'été - le décret de lancement était signé (certains attendent des années...). Enfin mercredi dernier, le ministre de la Ville faisait pour le président de la République et pour ses collègues le premier point sur la mise en oeuvre du projet. Et il annonçait en complément, pour 2012, dix-sept contrats de développement territorial concernant "près de cent communes" de la région parisienne, qui permettront sûrement de dépasser l'enveloppe de 35 milliards d'euros prévue.

Il s'agit simplement de pallier un peu les inconvénients de la concentration en Île-de-France des populations, emplois et moyens de transports du pays - qu'on pouvait plus simplement éviter ! - et de permettre à cette région sinistrée de continuer à se gaver sur le dos des autres. Quand il faut près de 5 h de train pour aller de Nantes à  Brest, il est en effet urgent "de désenclaver les territoires aujourd'hui mal desservis, notamment dans l'est parisien". Et quand un Français sur cinq vit en Île-de-France, rien ne s'impose plus que d'y "accélérer le développement des grands pôles économiques et urbains dans les vingt prochaines années" !

Il y a des régions - enfin, une... - qui ne risquent pas de connaître "des projets vieux de quarante ans !".

Quant aux crédits d'État, c'est comme s'ils étaient déjà là.

Faut-il s'étonner qu'en plus, la suppression de la taxe professionnelle permette de transformer sans le moindre débat sérieux les critères d'attribution des versements compensatoires pour en faire bénéficier ...l'Île-de-France, à laquelle sa richesse permettait justement de voter les taux d'imposition locale les plus bas de France !

Chers amis "écologistes", continuons à diriger les trains, les routes et les lignes aériennes de plus en plus vite vers Paris, et préparons-nous à aider longtemps et massivement cette région à surmonter les handicaps qui s'ensuivent.  C'est gratuit, sûrement...

Et c'est pour ça que la Bretagne a été découpée en deux routes de Paris.

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Communiqué gouvernemental de présentation de 2009 (développement durable !) en cliquant, ici ou sur la carte..

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Centralisation - Communauté : Union Démocratique Bretonne
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Dimanche 4 septembre 2011 7 04 /09 /Sep /2011 06:32

 Sénatoriales 2011

La Loire-Atlantique est représentée au Sénat par cinq sénateurs, élus pour 9 ans en 2001. Quatre d'entre eux ne se représentent pas : à droite Mmes Monique Papon et Gisèle Gautier, à gauche François Autain et Charles Gautier, ce dernier écarté sans excès d'élégance par le PS. Le sénateur UMP André Trillard sera tête de la liste à droite le 25 septembre prochain.

La photo ci-dessus est celle de la liste de gauche conduite par Yannick Vaugrenard (¨PS, au centre), avec Michelle Meunier (PS, à sa droite), Ronan Dantec (EELV, à sa gauche), Sabine Mahé (PC, à la gauche de R. Dantec), et Gilles Philippot comme titulaires, et Michèle Gressus et Patrick Mareschal comme suppléants. Seuls les trois premiers ont une chance sérieuse d'être élus et de donner pour la première fois une majorité à la gauche sénatoriale en Loire-Atlantique.

L'UDB n'a jamais eu une grande tendresse pour le Sénat, bastion conservateur mal élu où ses préoccupations ont rarement trouvé un écho favorable. Ses "grands électeurs" voteront pour cette liste de gauche, à cause de sa relative ouverture et avec l'espoir - ténu mais qu'on ne peut laisser passer - de voir cette "haute Assemblée" basculer enfin à gauche, et mettre ainsi fin à une véritable anomalie institutionnelle.

Sur la certitude affichée par P. Mareschal "qu'un Sénat à gauche légifèrera sur le respect et la protection des langues régionales", ils sont sans doute davantage portés à penser "Si c'était vrai..." qu'à miser gros ! Dans le même esprit, la "lutte contre l'hypertrophie de la région parisienne" et pour une "régionalisation ambitieuse" nous sembleraient mieux assurées par de vraies régions ...qui nous auraient probablement évité d'avoir à nous battre aussi contre une "réforme des collectivités locales" qu'on ne pourrait pas imaginer ailleurs. 

Rendez-vous le 25 septembre prochain pour les résultats.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Élections - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 05:10

EJ DSC 0471[2]-rec"Les propos de Mme Joly dévoilent une vision dans laquelle la France disparaîtrait dans un conglomérat de régions européennes semi-autonomes, inégales en taille et en richesses, peuplées d'habitants séparés par d'innombrables barrières linguistiques", selon  le secrétaire national de l'UMP Nicolas Dhuicq.

On n'en attendait pas moins de ce représentant de la "droite populaire", évidemment talonné dans la réaction par les "anticommunautaristes", dont le Canard républicain brandit comme une preuve le texte intégral du discours d'Eva Joly à Mouans-Sartoux !

Et qu'on se rassure, Mélenchon ne devrait pas se faire attendre trop longtemps. Et chacun sait que le nationalisme jacobin déborde un peu cet étroit triangle.

La France se trouve-t-elle donc plus solide de s'être débarrassée d'un million de bretonnants en un siècle ? La place de "sa" langue dans le monde s'est-elle améliorée depuis ? La division de la Bretagne et la centralisation - dont elle est un outil local - ont-elles renforcé sa cohésion territoriale ? La carte ci-dessous donne de la réalité de la "France des TGV" un reflet centré sur Nantes très éloigné du mirage habituel. Carte Paris-Nantes avec noms de villes et légende

La France est-elle plus forte d'avoir entassé 23 % de ses habitants dans une mégapole qui pompe hommes et ressources, multiplie les besoins de transports et les problèmes de société, et la prive d'un réseau de grandes villes européennes(1) ?

Sa position en Europe en est-elle meilleure ?

Evidemment non, et ce pays crève de ses crispations identitaires et de ses peurs existentielles.

Il faut se réjouir du courant d'air salubre déclenché à Mouans-Sartoux par Mme Joly, et souhaiter que tous ceux qui l'ont choisie comme candidate d'EELV se retrouvent autour de propositions comme celles-là. L'accueil jusqu'ici paraît bien timide...

 

[Cliquer sur la carte pour l'agrandir]

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(1) - L'Allemagne, qui en compte un bon nombre, a pourtant moins de 10 % de sa population dans des villes d'un million d'habitants et plus et ne s'en porte pas plus mal. En termes d'équilibre, ça donne à réfléchir.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Élections - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Vendredi 26 août 2011 5 26 /08 /Août /2011 14:47

Tronc pour l'Île-de-France copieLe Petit Frère des Riches et ses amis - qui sur le sujet ne sont pas tous de droite - persistent dans leur ardeur à secourir les moins nécessiteux.

Leur dernière trouvaille : profiter de la "suppression" de la taxe professionnelle pour organiser le soutien budgétaire de l'Ile-de-France par les régions moins riches (dont la Bretagne et le Limousin) !

Au-delà du détail technique, voilà l'essentiel du principe :

Avant la réforme, un effort de solidarité entre régions était demandé aux régions à fort potentiel fiscal au profit des régions à faible potentiel fiscal,le potentiel fiscal étant le montant des recettes qu'aurait perçues une collectivité en appliquant à ses bases (richesses) les taux moyens d'imposition français.

En fait, l'Île-de-France, comme Paris ou Neuilly, parce que très bien dotée en richesses, avait les moyens de voter des taux d'imposition plus bas que la moyenne.

Or, miracle de la réforme et grosse ruse de législateur douteux : puisque les communes ne votent plus les taux de TP, on prendra désormais en compte les recettes réelles de remplacement, qui réprésentent néanmoins toujours pour l'Île-de-France une part de ses richesses très inférieure à la moyenne !

C'est ainsi que l'Île-de-France se retrouve en position d'être aidée par les autres régions françaises, pour des montants totaux qui pourront atteindre dans quelques années jusqu'à 350 millions d'euros annuels(1). De quoi aider à financer le projet de "Grand Paris", après avoir payé au fil des décennies la croissance de la capitale. Une anomalie dénoncée par le vice-président de la Bretagne résiduelle, Pierrick Massiot.

On croirait à une distraction si, selon un vice-président de l'Association des Maires de France, le Gouvernement n'avait pas été alerté il y a deux ans...

Il va tout de même falloir revoir ça, et vite !

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(1) - Estimation du cabinet rennais Ressources Consultants, spécialiste hautement qualifié des finances publiques, que nous aurons l'occasion de retrouver dans un prochain Peuple breton.

 

Illustration : tronc de rue de l'Assistance publique de Paris, avec des inscriptions rectifiées : "Loi de finances 2012 - Tronc pour l'Île-de-France"

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Centralisation - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 16:31

Sur ce thème, rendez-vous dans le prochain numéro du Peuple breton

Temps d'accès Popul copie

Le graphique que vous avez sous les yeux rapproche l'évolution de la durée du trajet entre Brest et Paris (en bleu) et celles des populations respectives du Finistère (en vert) et de l'Île-de-France (en rouge). Vous pouviez trouver ces données sur Internet, mais ...séparément.

Le rapprochement fournit la preuve indiscutable du très fort lien entre la centralisation ferroviaire en France, d'une part, et d'autre part la distorsion d'évolution des populations entre l'Île-de-France et un département pourtant de mieux en mieux relié à Paris par chemin de fer(1).

Le Finistère pourrait être remplacé ici par beaucoup d'autres départements. Et c'est évidemment leur cumul qui donne la courbe rouge.

Les cent cinquante ans de centralisation ferroviaire que nous venons de passer ont fait de Paris le carrefour ultra-privilégié de la France, neutralisant  les autres carrefours existants ou potentiels, et les trafics correspondants.

La quasi-inexistence en France de grandes villes européennes n'a pas d'autre secret, et surtout pas la "tradition française" : avant que notre État jacobin ne dispose de l'outil ferroviaire de ses ambitions, des villes comme Nantes et Bordeaux n'étaient pas ridicules à côté de Turin, Barcelone ou Munich, et les populations de Brest et Rennes atteignaient les deux tiers de celle de Francfort.

Nous devons à la politique jacobine cette absence de vrais grands carrefours régionaux mais surtout, ce qui est beaucoup plus grave, l'absence des trafics et des pôles secondaires qui vont avec(2), et qui ont crû avec un exode rural de proximité que la France a, au contraire, canalisé presque entièrement vers Paris, l'administration, l'armée et les colonies.

Pour en sortir, ne comptons donc pas trop sur des liaisons ferroviaires encore plus rapides avec Paris : nous avons assez donné et les courbes ci-dessus n'ont nul besoin d'être prolongées. Voyons l'aménagement du territoire à la bonne échelle, favorisons dès aujourd'hui les transversales et les carrefours de la fin du siècle(3).

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(1) - Les années affichées le long de la courbe bleue sont celles des relevés de temps de trajet. Les populations indiquées sont en général des approximations, car les dates des recensements ne coïncident pas avec les précédentes. Mais le niveau d'approximation est très suffisant pour conserver au graphique son caractère probant.

(2) - 92 % des Allemands, mais seulement 76 % des Français vivent dans des agglomérations de moins d'un million d'habitants.

(3) -  Nous y gagnerons en qualité de vie et nous économiserons sur les besoins artificiels en transports longs et rapides, les plus contraires à une vision écologique de la société.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Aménagement - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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