Mardi 25 octobre 2011 2 25 /10 /Oct /2011 11:33

Saint-Nazaire EgalitéL'excellent magazine Alternatives Économiques consacre dans son numéro de novembre 2011 - qui vient de paraître - un article sur "les villes les plus inégalitaires de France", parmi les cent villes les plus peuplées.

On ne s'étonne pas de voir Neuilly-sur-Seine et Paris parmi les villes les plus inégalitaires : en gros : celles où l'écart est le plus grand entre les niveaux de vie les plus élevés et le niveau de vie moyen.

A l'autre bout du tableau, on trouve Saint-Nazaire, ville où le décalage est le moins grand entre le niveau de vie des plus riches et le niveau de vie moyen Cela ne veut pas dire que la ville est la plus pauvre. Il y a plus pauvre et moins égalitaire, et d'autres villes très égalitaires, comme Anthony (banlieue sud de Paris) et Pessac (près de Bordeaux) figurent dans le haut de la hiérarchie des revenus.

 

Lisez cet article (et ce numéro) si vous en avez l'occasion.

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Source : Alternatives Economiques, n° 307, novembre 2011 (4,80 €).

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Société - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 10:37

Duc d'AiguillonLes institutions de l'Ancien régime n'étaient pas démocratiques. Elles n'en possédaient pas moins des qualités que leur renversement n'a pas toujours conservées, quand il ne les a pas sciemment éliminées. Ces qualités pouvaient tenir pour une bonne part aux hommes en charge des affaires, auxquels les institutions fournissaient un cadre d'action adapté. Ce fut assurément le cas pour le Duc d'Aiguillon(1) , gouverneur de Bretagne pendant 15 ans qui, en dépit parfois du Parlement et des États de Bretagne(2), s'appuyant sur les travaux antérieurs ou l'engagement actif d'intendants comme Viarmes ou Le Bret, ou de l'ingénieur des Ponts et Chaussée Chocat de Grandmaison, quitta sa charge en 1768 après avoir modernisé les ports, redéfini et rénové le réseau routier breton (les Grands Chemins) et organisé et codifié son entretien.

Comme l'avait prévu Joseph Pellerin, député nantais aux États généraux, la départementalisation du territoire a dans ce domaine comme dans d'autres mis fin à l'existence d'une vision globale de la voirie bretonne, à la capacité locale de dégager les moyens de son entretien et plus grave encore de penser son adaptation au fil du temps. On s'est éloigné brutalement des préoccupations exprimées dès 1754 par le Duc d'Aiguillon : 

"Le Rétablissement des Grands Chemins, dans une province aussi étendue que la Bretagne, et dont la situation est aussi heureuse pour le Commerce, est d'une si grande importance que notre premier soin  a été de nous occuper des moyens les plus sûrs, les moins onéreux et les plus capables de conduire toutes les Routes à leur perfection". 

La départementalisation du territoire a "puzzlisé" cette perception et cette gestion des enjeux territoriaux. Jouer pour sa ville ou son canton, en entrenant des liens avec les préfets, les parlementaires, les ministères, est devenu un sport de notable local. La demande a rencontré l'offre des routes impériales, esquisse lente de l'étoile ferroviaire de Legrand.

La centralisation "industrielle" n'attendait que le tRoutes Ogée carte 1769rain, qui n'a pas tardé. Les esprits étaient prêts. Un siècle après les travaux d'Aiguillon, les transversales bretonnes étaient devenues obsolètes et leurs carrefours figés. Les transversales extérieures utiles à la Bretagne peineraient désormais à susciter l'intérêt. Le train, qui mettait la seule capitale à une journée ou moins, allait en faire le point de ralliement des paysans en surnombre.

Il faudra attendre les années 50 et le CELIB pour retrouver le sens du territoire breton, immédiatement contré par la reprise et le renforcement  d'un découpage des régions lui aussi centré sur Paris. 

 

Sources : site de Bretagne histoire.

Illustrations : Portrait du Duc Emmanuel-Armand d'Aiguillon - Carte des grands chemins de Bretagne par l'ingénieur-géographe Ogée (1769).

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(1) - Arrière-petit neveu du cardinal de Richelieu et apparenté par sa femme à la noblesse bretonne.

(2) - Bien qu'en fréquent conflit de compétence avec les États, il obtient d'eux à l'unanimité en 1758 un crédit d'1,2 million de livres pour les routes, quand leur montant pour l'ensemble du Royaume en 1774 ne dépassait pas 4,5 millions...

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Centralisation - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 13:44

mpOn parle volontiers de tradition centralisatrice française, et la monarchie de l'Ancien régime est évidemment centralisatrice. Mais à y regarder de près, l'administration royale avait-elle les moyens d'une telle politique selon ses formes d'aujourd'hui ? Non, bien sûr. Les déplacements à cheval - les plus rapides depuis 2000 ans au moins - se prêtent mal à la caporalisation d'un royaume de plus de 30 000 lieues carrées (environ 500 000 km²). C'est l'heure non pas de la concentration, puisque rien n'est encore très concentré, mais d'une concentration modérée  (intendants, gouverneurs) et le pouvoir central ne peut que laisser une grande marge d'appréciation, de suivi et de décision à ses représentants et aux institutions locales.

Quand le chemin de fer permet - progressivement, de 1840 à 1870 - de mettre presque toute la France à moins de vingt-quatre heures de Paris (au lieu de quatre à sept jours en diligence pour la Bretagne), la centralisation se met - comme les transports - au diapason de l'industrialisation. Et la concentration du chemin de fer en étoile autour de la capitale peut produire les effets que nous connaissons : déclin ou stagnation des transversales, des carrefours routiers, des bourgs qui s'y sont enracinés, de leur activité, et par conséquent de leur capacité à absorber un exode rural que l'allongement de la durée de la vie gonfle et camoufle à la fois (la population rurale paraît longtemps aussi stable qu'autrefois...).

On a là la clef commune de la croissance intempestive de la région parisienne et du décrochage des grandes villes françaises par rapport à leurs homologues européennes. Comme je l'ai déjà écrit, Nantes était en 1800 plus peuplée que Munich, Brest et Rennes presque autant que Francfort. La centralisation ferroviaire a volontairement orienté l'exode rural vers Paris et bloqué la croissance équilibrée de notre réseau urbain.

 

A suivre : de la départementalisation à l'Empire républicain, le temps du décervelage...

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Illustration : malle-poste Brest - Le Conquet, d'après une carte postale ancienne publiée sur le blog de M. Jean-Pierre Clochon, avec l'aimable autorisation de ce dernier. La malle poste était une sorte de diligence légère habilitée à transporter le courrier et pouvant transporter quelques passagers. Sur le parcours en cause, la malle-poste est restée en service plus de quarante ans après l'arrivée du train à Brest (même source).

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Histoire - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 14:02

De Saint-Nazaire à Brest, le trajet le plus rapide dure 4 h 04, avec départ à 9 h 35 et correspondances à Savenay et Rennes. Le trajet est commun à partir de Savenay avec le meilleur Nantes - Brest décrit ci-dessous.

 

Nantes Brest meilleur temps

 

Il faut se rendre à l'évidence : le choix ferroviaire la plus rapide pour aller de Nantes à Brest est de prendre TER de 9 h 20 de Nantes à Rennes, puis de prendre à Rennes le TGV de 11 h 11 qui arrive à Brest à 13 h 25, soit après 4 h 05 de trajet et de correspondance (19 mn à Rennes).

Nantes Brest nord et sudSur le même trajet, en deux minutes de plus, le train de 7 h 25 permet de déjeûner en ville à Brest.

La voie sud, avec correspondance à Redon, puis à Quimper, en trois TER successifs, reste néanmoins actuellement une bonne solution en durée de trajet avec 4 h 09 et départ de Nantes à 6 h 51. Mais pour une réunion à 9 h ou même 10 h, il faut de toutes façons partir la veille.

Un peu plus long en temps, le trajet par Quimper est pourtant plus court de 44 km ! Cette étrangeté est bien sûr l'effet de la priorité donnée année après année aux liaisons avec Paris, que les régions tracées sur les routes de Paris reprennent à leur compte : les perspectives du programme Bretagne Grande Vitesse renforceront ainsi considérablement la distorsion actuelle.

Le discours sur une "fracture est/ouest croissante en Bretagne" ne résiste guère à ce constat, qui suggère plutôt une fracture nord/sud marginalisant particulièrement la Loire-Atlantique et, plus gravement encore s'il se peut, l'intérieur du pays par rapport aux îles urbaines branchées sur les lignes PPV (Paris Plus Vite).

Carte Conférence VillesBzhLa conclusion du bulletin n° 51 de la Conférence des Villes de Bretagne peut-elle nourrir beaucoup d'illusions, venant après l'ode au TGV centralisé qu'on y lit sur plus de trois pages ?

"La liaison vers Paris ne doit pas faire oublier la liaison efficace des villes bretonnes entre elles selon la "boucle ferroviaire bretonne" (...de Brest à Rennes, de Quimper vers Rennes - Nantes, sans oublier les liaisons vers Quimper et Saint-Malo  - Rennes - Nantes selon des dessertes cadencées nombreuses, rapides  et efficaces. (...) Enfin, une dynamique politique régionale d'aménagement du territoire devra considérer comme prioritaires les territoires les moins favorisés par l'effet TGV".

C'est comme si c'était fait, mais ...on n'est pas parti dans la bonne direction !

__________

Départ de Saint-Nazaire : une fois n'est pas coutume, Le trajet Saint-Nazaire - Brest se parcourt en une minute de moins par le train de 9 h 35. C'est en fait le même trajet à partir de Savenay  (6 mn de correspondance, ne traînez pas !). Le train de 6 h 49 par Rennes met 39 mn de plus. Aucun train par Quimper ne met moins de cinq heures.

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Sources : 1.Les indispensables distances ferroviaires citées dans cet article sont extraits du site personnel Rail21 de Florent Brisou, très riche en informations détaillées sur les itinéraires et les réseaux. 2. La carte ci-dessus illustre la conclusion citée du bulletin n° 51 (juin 2011) de la Conférence des Villes de Bretagne.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 13:40

  Nantes Brest meilleur temps

 

Il faut se rendre à l'évidence : le choix ferroviaire la plus rapide pour aller de Nantes à Brest est de prendre TER de 9 h 20 de Nantes à Rennes, puis de prendre à Rennes le TGV de 11 h 11 qui arrive à Brest à 13 h 25, soit après 4 h 05 de trajet et de correspondance (19 mn à Rennes).

Nantes Brest nord et sudSur le même trajet, en deux minutes de plus, le train de 7 h 25 permet de déjeûner en ville à Brest.

La voie sud, avec correspondance à Redon, puis à Quimper, en trois TER successifs, reste néanmoins actuellement une bonne solution en durée de trajet avec 4 h 09 et départ de Nantes à 6 h 51. Mais pour une réunion à 9 h ou même 10 h, il faut de toutes façons partir la veille.

Un peu plus long en temps, le trajet par Quimper est pourtant plus court de 44 km ! Cette étrangeté est bien sûr l'effet de la priorité donnée année après année aux liaisons avec Paris, que les régions tracées sur les routes de Paris reprennent à leur compte : les perspectives du programme Bretagne Grande Vitesse renforceront ainsi considérablement la distorsion actuelle.

Le discours sur une "fracture est/ouest croissante en Bretagne" ne résiste guère à ce constat, qui suggère plutôt une fracture nord/sud marginalisant particulièrement la Loire-Atlantique et, plus gravement encore s'il se peut, l'intérieur du pays par rapport aux îles urbaines branchées sur les lignes PPV (Paris Plus Vite).

Carte Conférence VillesBzhLa conclusion du bulletin n° 51 de la Conférence des Villes de Bretagne peut-elle nourrir beaucoup d'illusions, venant après l'ode au TGV centralisé qu'on y lit sur plus de trois pages ?

"La liaison vers Paris ne doit pas faire oublier la liaison efficace des villes bretonnes entre elles selon la "boucle ferroviaire bretonne" (...de Brest à Rennes, de Quimper vers Rennes - Nantes, sans oublier les liaisons vers Quimper et Saint-Malo  - Rennes - Nantes selon des dessertes cadencées nombreuses, rapides  et efficaces. (...) Enfin, une dynamique politique régionale d'aménagement du territoire devra considérer comme prioritaires les territoires les moins favorisés par l'effet TGV".

C'est comme si c'était fait, mais ...on n'est pas parti dans la bonne direction !

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Sources : 1.Les indispensables distances ferroviaires citées dans cet article sont extraits du site personnel Rail21 de Florent Brisou, très riche en informations détaillées sur les itinéraires et les réseaux. 2. La carte ci-dessus illustre la conclusion citée du bulletin n° 51 (juin 2011) de la Conférence des Villes de Bretagne.

Par UDB Saint-Nazaire - Publié dans : Transports - Communauté : Régions et Peuples Solidaires
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