Les cheminements de la réflexion débouchent quelquefois sur des paysages
inattendus.
J'ai pu montrer, avec le graphique ci-contre, l'effet délétère de la centralisation ferroviaire sur la démographie (et donc l'activité) française entre 1850 et 1960, et sans doute l'effet de la centralisation tout court dès le début du XIXème siècle.
Il restait un point d'interrogation sur le vif redressement postérieur à 1960, commun cette fois aux cinq pays examinés(1).
Au temps des chevaux et de la marche à pied avait succédé en France celui du train polarisé sur Paris, mais le train français n'était pas moins polarisé après 1960 !
Il fallait seulement continuer à suivre l'évolution des transports : les années soixante et postérieures sont aussi celles de l'immense et rapide développement de l'automobile (et des transports routiers) ! Et ce développement a au moins eu l'effet bénéfique de corriger de manière spectaculaire les effets démographiques, économiques et sociaux de la centralisation ferroviaire, aggravés en Bretagne par la "bi-pénétration" de la péninsule à partir du Mans, qui a cassé nos liaisons transversales nord-sud.
L'automobile a rétabli les liaisons Nantes - Rennes et compensé les lenteurs des liaisons sud vers Quimper et Brest. Elle a refait de Quimper, Lorient et Vannes des carrefours d'échanges, redonné aux villes bretonnes de toutes tailles une place dans l'accueil des migrations rurales : après un siècle de syphonnage exclusif vers Paris, ces migrations internes ont pu alimenter, avec un siècle de retard, la croissance de nombreux bourgs, villes moyennes et grandes villes.
Et la liste peut être allongée, et ressembler à du Prévert, moins les ratons-laveurs.
Sans automobile, pas de banlieues champignons, pas de "métropoles", pas de grandes surfaces en dehors du centre des villes, un tourisme très différent, ... Mais aussi : pas d'explosion des festoù-noz et de renouveau de la musique et de la chanson bretonnes, pas de grands festivals, pas de filière Diwan, peu de collèges ruraux...
Que cette irruption de l'automobile n'ait pas eu que d'heureuses conséquences, et que la centralisation ferroviaire ait continué de plus belle
- doublée par la centralisation aérienne et curieusement défendue avec elle par d'importants courants
écologistes ou autonomistes ! - est tout aussi clair.
Il n'en faut pas moins souligner le puissant rôle correctif joué par l'automobile depuis cinquante ans, notamment sur les itinéraires négligés par le train (carte ci-contre des tronçons routiers, modulés en épaisseur selon leur trafic et en couleur selon leur croissance).
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(1) - Je connais mal le cas de l'Espagne, dont la courbe fémographique essemble plus à celle de la France qu'à celle de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et de l'Italie.
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L'UDB organisait samedi
Françoise Verchère, co-présidente d'un collectif d'élus
hostiles et ancien maire de Bouguenais
Alexis, c'est un de mes arrière-grands-pères, le père du père de mon père. Né en 1837 à Plouguenast (au nord de Loudéac), c'était un des nombreux enfants de Julien, tailleur
selon l'acte de naissance. L'avenir qui l'attendait sur place était celui d'un tâcheron rural. Avec Pauline, sa jeune épouse, lingère, ils ont pris un chemin déjà emprunté par des
cousins : celui du Croisic, où leur premier enfant naîtra en 1867, et le huitième - 



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