Non, il ne s'agit pas de millions d'euros touchés sous la table pour démolir l'aéroport de
Notre-Dame-des-Landes ! Il s'agit des millions de passagers évoqués par la pétition proposée à ses visiteurs par le site de l'ACIPA (cliquez
sur son logo ci-contre ).
On peut lire :
Avec un trafic pouvant aller jusqu'à 9 millions de passagers, cet aéroport augmenterait considérablement les émissions de gaz effet de serre, alors même que le gouvernement proclame son intention de les réduire.
La formulation laisse penser que le nouvel aéroport va créer un trafic de 9 millions de passagers.
Cette prévision - forcément hypothétique - concerne les années 2050. A supposer qu'elle soit vérifiée, il n'y a aucune raison de penser que, pour l'essentiel, il s'agisse de flux créés par l'aéroport.
Prenons en effet la question plus près de nous, en 2018, en supposant que l'aéroport a bien été ouvert en 2017.
Sur la base du trafic nantais de 2010 (3 M passagers), et d'une hypothèse d'augmentation annuelle moyenne du trafic de 5 % entre 2011 et 2018 (pourcentage qui sera encore nettement dépassé en 2011 et qui est inférieur d'un demi-point à la moyenne des 18 années antérieures), le trafic "nantais" de 2017 atteindrait 4,1 M de passagers. Complétons l'hypothèse par un début de transfert d'usagers en provenance des aéroports de Rennes et de Lorient et des TGV Bretagne-Roissy-Orly, induit par la plus grande proximité de l'aéroport et par l'ouverture de lignes qui accompagne déjà régulièrement et logiquement depuis des années la croissance de Nantes Atlantique : I'hypothèse d'une fréquentation de l'aéroport en 2018 par 4,5 M d'usagers est donc du domaine du très vraisemblable.
Or, ces 4,5 M ne comportent aucune création de trafic, mais uniquement des transferts de trafic et des suppressions de trafic (usagers qui ne vont plus à Paris chercher des vols qu'ils trouvent désormais plus près de chez eux).
La conséquence en termes de production de gaz à effet de serre n'est donc pas une augmentation, mais bel et bien une diminution, qui va s'accentuer avec le rapatriement vers NDdL du trafic détourné vers Roissy et Orly.
Ce raisonnement vaut naturellement pour l'avenir, quel que soit le sort des prévisions pour le plus long terme.
Il est certes possible que la proximité de l'aéroport induise une part de demande totalemet nouvelle, qui s'ajouterait au trafic décrit dans l'hypothèse ci-dessus. Mais sur quoi peut-on s'appuyer pour imaginer qu'elle serait autre que relativement marginale ?
Il serait temps que nos "écologistes" électoraux prennent conscience du contresens inhérent à leur discours actuel en ce qui concerne notamment ce qu'on appelle l'empreinte carbone, les gaz à effet de serre ou la consommation de carburants fossiles.
L'abandon de Notre-Dame-des-Landes serait une victoire durable des circuits longs qu'ils ne cessent de condamner !
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